spécial compétitivité: charges, travail ou innovation? dans Points de repere et secteurs gallois-150x150Le rapport Gallois va lancer un débat vital pour notre pays. L’Etat va devoir relever le défi d’y répondre.

Mais c’est aussi aux patrons et cadres dirigeants de reprendre la main!

La dégradation de la compétitivité des entreprises françaises est alarmante. Un signe  de cette dégradation est notre déficit extérieur croissant. Un autre est la faiblesse de la rentabilité des entreprises: les profits bruts d’une entreprise française représentent 30% de sa valeur ajoutée, la moyenne de l’Europe est à 39%. Enfin, la France est maintenant un des pays les plus désindustrialisés d’Europe.

On accuse souvent notre coût du travail qui renchérirait nos produits par rapport à ceux des pays concurrents. Certes, celui-ci est très élevé par rapport à la moyenne mondiale, mais il est légèrement inférieur à celui de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas, et a moins cru en entre 2000 et 2010 que dans le reste de la zone euro.

On accuse aussi un temps de travail global moins élevé qu’ailleurs avec nos célèbres jours fériés et autres 35 heures. En fait, les salariés français sont parmi les productifs du monde avec un temps de travail effectif de 35,3 heures hebdo (pour 30.5 aux Pays Bas et 34.6 en Allemagne)!

Alors si ce n’est pas un problème de coût, l’explication de nos difficultés viendrait d’un euro trop fort… mais ceci-dit un euro faible ferait augmenter la facture pétrolière!

Il me semble qu’hélas il faille aller chercher des explications dans des handicaps très structurels de notre tissu économique, comme le manque d’innovation et le positionnement de beaucoup de nos produits dans le bas de gamme (là où la concurrence mondial est la plus forte).

Que faire? Là, c’est la colle!

Ok, je me lance:

1- ne demandons pas à l’Etat de régler ce sujet (enfin pas tout!), ce serait – sans ironie – le meilleur moyen de ne pas aboutir.

2- la solution ne peut venir que des patrons de TPE, PME, grandes sociétés qui doivent les moteurs du changement.

3- A court terme, on n’a pas cependant pas le choix, il faut se battre sur le plus mauvais des terrains, le prix. C’est le fameux « choc de compétitivité » qui passera notamment par a) une baisse de l’euro, b) une baisse des charges salariales (et donc une très profonde réforme du système de santé, cf Santé, rien ne sera jamais plus comme avant) OU un retour aux 39heures (le plus indolore finalement car la baisse des charges serait compensée par une hausse risquée de la TVA et de la CSG), et c) l’assouplissement du contrat de travail. Sur ces sujets, l’Etat et les partenaires social ont un rôle de cadrage.

4- Mais tout cela sera vain et n’aura qu’un temps si nos patrons ne prennent pas la main, notamment pour complètement changer le rapport de l’entreprise à l’innovation. Celle-ci ne doit plus venir que par le haut, il faut inverser le flux et encourager les idées des salariés. Elle ne doit pas être que high tech (la France est plutôt bonne dans ce secteur) mais aussi toucher nos design, nos process, nos ergonomies..

Il faut enfin que les entreprises apprennent à essaimer des collaborateurs, et aident les débuts de leurs employés entrepreneurs. L’exemple de Google qui accorde une journée par semaine à tous ses collaborateurs pour travailler sur un sujet personnel est particulièrement impressionnant!

5. Il faut enfin réformer notre système éducatif et relancer l’ascenseur social qui, en, l’état, nous prive des ressources d’une partie de notre jeunesse.

Bref, on en prend pour 20 ans!!

Guillaume Fradet,

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Une réponse à “spécial compétitivité: charges, travail ou innovation?” Subscribe

  1. Anonyme 14 octobre 2012 à 16 h 56 min #

    Je suis tout a fait d’accord, ne comptons pas sur l’état pour résoudre les problèmes de nos entreprises.
    En revanche il faut que l’état evite de les amplifier, et c’est malheureusement ce qu’il fait actuellement avec une hausse d’impot sans précédent au lieu de baisser ses dépenses.
    La hausse d’impôt qu’elle soit sur les entreprises ou sur les ménages touche directement nos petites entreprises que ce soient des artisans, des commercants ou autres types de TPE. Ces hausses d’impôt créent des inquiétudes importantes chez les consommateurs et cela se répercute sur leur consommation . L’ensemble des dépenses non essentielles sont repoussées ce qui impacte directement le CA de dizaines de milliers d’entreprises ( je parle ici d’entreprises qui réalisent quelques dizaines voir centaines de milliers d’Euros de CA et sont donc très sensibles à toutes variation) , et pour nombre d’entre elles cela les mène directement vers la faillite. Avant nos grandes entreprises et de nos PME, ce sont nos TPE qui commencent à cesser leur activité faute de clients. Je prédis avec regret une hausse du nombre des faillites sans précédent, d’ici à 6 mois.

    Au lieu d’accroître les charges qui pèsent sur les entreprises et les consommateurs, l’état devrait commencer par faire le ménage chez lui et réduire drastiquement ses dépenses en , par exemple, continuant la diminutaion du nombre de fonctionnaires (qui eux ne produisent rien) , en assainissant les dépenses de la Sécurité Sociale, etc …

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