1mn 30 de silence, et Churchill devint PM... churchil210 mai 1940, Neville Chamberlain a compris que son parti ne le reconduirait pas à la tête du gouvernement britannique. Il est alors décidé que son successeur sera Lord Halifax secondé par Churchill, et Chamberlain les convoque tous les deux. transLa nouvelle a filtré, et Lord Beaverbrook – journaliste et ami de Churchill – apprend la nouvelle. Il ne veut pas croire en cet accord en lequel il voit une catastrophe pour l’Angleterre.

Churchill est pourtant passablement brûlé à l’époque: l’échec des Dardanelles en 1917 n’est pas oublié, tout comme ses positions en faveur d’Edouard VIII et de Wallis Simpson. Il s’est même retiré de la scène politique suite à son revers aux dernières élections. 

Beaverbrook le joint et l’entêté lui répond en gros que « si les Anglais veulent de moi comme 1er Ministre, ils viendront me chercher ».

Lord Beaverbrook (futur génial ministre de l’Air), le connaissant, ne le contredit pas, mais demande à Churchill de confirmer son accord d’être le « second » lors de l’entrevue avec Chamberlain et Halifax… après 3 vraies minutes (i.e. 180 secondes) de silence. Au nom de l’Angleterre, Churchill accepte.

Quelques heures plus tard, dans le bureau de Chamberlain:

- Chamberlain : « (…) Je passe la main à Lord Halifax pour mener à bien le Royaume. Sir Winston, acceptez vous d’être son second? »
Churchill regarde droit devant lui, impertuable, fume son cigare… et se tait.
Une minute…
Interminable!
Une minute et dix secondes…
Toujours aucune réaction, d’aucune des parties.
Une minute et vingt secondes…

Et brusquement, au bout d’une minute et trente secondes, le silence est brisé par Lord Halifax.

- Lord Halifax : « Neville, Je pense que Sir Winston Churchill est le plus qualifié pour être le futur premier ministre de l’Angleterre. »

La suite appartient à l’Histoire…

 d’après un extrait de «Si je mens» de Francoise Giroud

3 Réponses à “1mn 30 de silence, et Churchill devint PM…” Subscribe

  1. Evizeo 17 avril 2013 à 16 h 46 min #

    Extraordinaire ! Coup de poker de Churchill ou coup de chance ?

  2. Anonyme 23 avril 2013 à 13 h 11 min #

    Non, pas coup de chance … En négociation, aux moments opportuns, celui qui rompt le premier le silence est réputé avoir perdu. Mais cela demande une sacrée confiance en soi, ce dont W. Churchill n’était pas dépourvu, loin s’en faut ! Sinon, ça se travaille !
    Bénédicte
    http://www.ladf.fr

  3. Anonyme 25 avril 2013 à 13 h 02 min #

    Oui, sacrée confiance en soi… Grandement facilitée cependant par la conscience d’être en position de force de par la situation.

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