Cela fait 5 ans que nous sommes dedans et nous n’en voyons pas le bout. Mais que se passe-t-il donc? J’avais – à peu près, compris le début, l’histoire des subprimes, mais quant à la suite… Alors je me suis dit que cela pourrait être intéressant d’essayer de démêler tout cela (avec l’aide d’Alternatives Economiques).

Première partie: Le point de départ de départ de la crise en 2008, les Etats-Unis, les sub-primes, la haute finance qui se dérègle.

En 2008 aux Etats-Unis, n’importe qui peut acheter une maison et les taux sont au plus bas. Il faut dire qu’au pays de la libre entreprise les prêts immobiliers ne sont pas accordés comme en France en fonction de votre capacité de remboursement, mais de la valeur du bien acheté. Or l’immobilier ne cesse de monter depuis des années, donc le crédit est largement ouvert et les ménages s’endettent au-dessus de leurs moyens. 

Mais voilà, en 2008, la bulle immobilière américaine éclate. Le prix de l’immobilier baisse, et les ménages sur-endettés ne peuvent plus rembourser leurs emprunts même en vendant leurs biens. Les drames personnels sont légion.

Autre effet pervers, la « titrisation » de ces dettes des ménages. De quoi s’agit-il? Et bien « titriser » consiste en quelque sorte à morceller les dettes de l’ensemble de ces ménages, et à les mélanger avec d’autres dettes dans des titres savamment élaborés (l’idée de base n’est pas mauvaise puisque ces « paquets de dettes » d’origine diverses permettent d’avoir des produits aux risques répartis). Ces titres sont ensuite cédés à des sociétés créées par les banques qui les sortent ainsi de leur bilan (et donc des calculs de ratio qui les obligent à toujours garder des fonds par devers elles en cas de coup dur…). Les titres sont eux revendus sur les marchés qui jouent avec, les mélangent à d’autres dans des packages très sophistiqués, etc… Le métier des banques change, il ne s’agit plus de prêter de l’argent mais de vendre du risque dans des volumes gigantesques, aidé souvent d’ailleurs par les agences de notation dont des départements internes conseillent les banques dans ces montages!

Le problème c’est que 1) il n’y a rien pour garantir une partie au moins du risque, et 2) les produits sont si complexes que les banques n’arriveront parfois plus à les démêler ce qui ajoutera à la panique, et 3) quand le ménage américain – qui est au début de la chaîne et sur-endetté – arrêtera de rembourser ses dettes, ces fameux titres, aussi complexes soient-ils, vaudront zéro et le chateau de cartes s’effondre brutalement. Et le gouffre s’ouvrira très, très vite.

Le 15 septembre 2008, la grande banque d’affaires Lehman Brothers dépose son bilan, le lendemain AIG est renfloué de 85 milliards de dollars par le gouvernement américain. Le 19, c’est le plan Paulson, 700 milliards de dollars sont injectés dans le système bancaire US.

Les banques américianes ne prêtent plus et l’ensemble des banques du monde entier sont contaminées (Dexia, Fortis, LLoys Banking,…). En novembre, les économies européennes et américaines rentrent en récession et les gouvernements se mobilisent avec des plans de relance de grande ampleur.

Les Etats ont d’ailleurs réagi très très vite, bien plus vite qu’en 1929, en sauvant le système bancaire (avec l’argent du contribuable), et en mettant en place des plans de relances conséquents. Mais ces deux mesures sont très coûteuses et creusent les déficits budgétaires, on y reviendra…

On pense alors que c’est très chaud. Mais que ça peut quand même passer. Qu’après tout c’est une bulle d’une ampleur inouie qui a éclaté, mais on on a vu d’autres (ex: la bulle Internet). 

Et en 2009, on croit même voir le bout du tunnel: le 15 septembre, les Etats-Unis annoncent la fin de la récession. Les grandes banques américaines ont remboursé l’Etat, pareil pour les banques françaises, on a alors presque l’impression que tout va repartir comme avant aux cris d’ « amusez-vous, folle ville ».

Mais les économies des pays riches sont en fait minées, pour une raison simple: le moteur essentiel qu’est le crédit tourne au ralenti. Entreprises et entrepreneurs ne peuvent plus se financer. Les banques ne se prêtent même plus en elle. Tout le monde a peur de prendre le moindre risque.

Et c’est alors que, patatras, en Octobre 2009, le gouvernement grec annonce que son déficit va atteindre 12,7% de son PIB (il dépassera les 15%). En décembre, la note de la Grèce est sévèrement dégradée.

En résumé de cette première partie:

1- Des ménages américains sur-endettés dans une économie trop dérégulée qui n’a pas de garde-fous les protégeant d’aller jusqu’à la faillite personnelle (c’est une faute du politique), une haute finance internationale qui échappe à tout contrôle, et prend tous les risques, sans pouvoir les assumer, enfin une bulle gigantesque qui éclate quand l’immobilier américain part à la baisse. Voilà les ingrédients du premier acte.

 2- Des Etats des pays riches qui réagissent plus vite qu’en 1929, sauvent le système bancaire, et injectent des sommes phénoménales dans les économies pour les relancer, compensant ainsi le désendettement des ménages. Mais qui omettent de demander aux banques des contreparties et notamment la reprise du crédit, et creusent leurs déficits. Et des chefs de gouvernement qui négligent souvent d’expliquer pédagogiquement à leurs peuples ce qui se passe et leurs décisions…

3- Enfin, une crise des « subprimes » qui va soudainement révéler et renforcer (plus personne ne va vouloir prêter à la Grèce fin 2009) une crise structurelle majeure qui couve depuis des années dans la zone Euro.

Et si on essayait d’en retirer à ce stade quelques enseignements?

- Le 1er, c’est qu’il faudrait apprendre à repérer les bulles (croissances anormales) pour anticiper leur éclatement. A ce sujet, il faut surveiller de près le sur-endettement actuels des étudiants US (qui financent leurs études par de gros emprunts) s’ils venaient à ne pas trouver d’emploi…

- Le 2nd serait peut-être que les gouvernements ne devraient pas lâcher de grosses sommes vers le privé sans contreparties (cf les 20 milliards du plan de compétitivité actuel…).  

- Le 3ème, c’est que comme dans les entreprises, il faut impliquer davantage les peuples dans la compréhension de leur environnement, et non leur demander de subir.

Voilà pour cette première partie, j’espère ne pas avoir été trop incomplet, n’hésitez pas à corriger!

et

La suite: La crise des Etats européens

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